Parti Socialiste d'Oullins
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Conseil municipal du 28 novembre 2013 : Intervention de Jean Louis UBAUD sur le Débat d’Orientations Budgétaires

Tout d’abord quelques mots sur le contexte international : La croissance mondiale évolue positivement et devrait dépasser à nouveau les 3% en 2014. Cette tendance couvre des disparités : Des pays comme le Brésil, L’Inde ou la Turquie qui ont connu une forte progression de leur croissance connaissent un léger tassement, sans doute provisoire. La croissance du Japon et du Royaume uni se restaure et aux Etats Unis la croissance semble s’installer durablement, ce qui est souvent un signe précurseur pour l’Europe.

La zone euro sort d’une situation proche de la récession, mais elle reste tendue et fragile, chacun le sait et le mesure.
Sur le plan national, la France a effectivement connu un rebond de croissance au printemps (+0,5%), mais pour 2013 elle ne devrait être que très légèrement positive.

La situation de notre pays reste donc fragile dans une zone euro à peine stabilisée. Il faut aussi par pure sincérité et objectivité replacer la France dans le contexte du quinquennat précédent, le pire que la France ait connu depuis de nombreuses décennies : 612 milliards d’euros de dette en plus en 5 ans et une croissance qui était de +2,3% au début du mandat Sarkozy pour terminer à 0 en fin de mandat. Certes, la crise est passée par là, mais elle n’explique pas tout et surtout pas l’explosion de la dette.

Alors oui, il faut redresser notre pays au lieu de laisser la dérive se poursuivre, oui cela implique des mesures drastiques et impopulaires, oui le gouvernement s’y attache, oui des efforts sont demandés, oui il faudra plus d’un an et demi pour récolter les fruits de la politique gouvernementale, oui l’action du Président de la république est programmée sur la durée et devra être jugée à la fin de son quinquennat. Le temps est nécessaire pour relancer notre économie et notre pays.
L’Etat s’est engagé dans un plan de redressement de 30 milliards : 10 concernant la fiscalité des grosses entreprises, 10 d’économie sur le budget de l’Etat lui-même, 10 pour la fiscalité des plus hauts revenus.

La lutte contre le fléau de la fraude fiscale est devenue une réalité en France : 18 milliards en 2012, soit plus 10% et nous savons déjà que le résultat sera au-delà en 2013. Question de choix et de volonté politique bien évidemment.

Il faut aussi noter le lancement d’une large concertation visant à une reforme de fond de la fiscalité dans notre pays. Après des décennies d’annonces de droite comme de gauche, enfin le courage politique est au rendez-vous sur ce sujet. Lla France est vraiment à bout de souffle, les réformettes successives ne sont plus à la hauteur, c’est un vrai changement qu’il faut maintenant en matière fiscale ; Je ne doute pas que le débat sera animé sur le sujet, mais nul ne peut contester la nécessite d’une reforme en profondeur de la fiscalité nationale et locale.

Un effort est également demandé aux collectivités locales afin qu’elles participent à la lutte contre les déficits publics, Michel Mercier, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, lors du débat sur le DOB au conseil général vendredi dernier, a défendu avec force cette solidarité, cette contribution des collectivités locales. Comme quoi il est possible parfois de dépasser les clivages politiques traditionnels. Pour ma part, je juge que cette solidarité, si elle est nécessaire aujourd’hui, ne peut être qu’exceptionnelle et limitée dans le temps.
Concernant la péréquation entre les collectivités, il faut concéder que la situation n’est pas simple à appréhender, notamment dans notre agglomération, où des ingrédients pouvant paraitre contradictoires doivent être pris en compte. Oullins est la fois une commune aux ressources potentielles limitées, mais qui bénéficie d’une agglomération dynamique et d’un département et d’une région parmi les plus prospères de France. Ceci pouvant au moins partiellement compenser cela.
Pour le financement du Conseil général pour l’année 2014, dernière année avant la métropole, le dossier est quasiment bouclé, quelques arbitrages entre les deux collectivités restent à faire, donc pas de fausses inquiétudes.

Pour notre commune aussi il faut être clair sur la situation des finances de la ville :

Oullins est au bout d’une politique :
L’épargne nette est en fort recul sur ce mandat, – 141 000 euros, l’épargne a même été négative en 2010, ceci veut dire que la ville a emprunté pour rembourser ses propres emprunts. C’est comme quand un ménage endetté en arrive à prendre un nouveau crédit pour rembourser les crédits précédents. Voila la réalité oullinoise !

Sur la dette, un seul chiffre : En 2009, la durée de remboursement de la dette d’Oullins était de 12 ans, en 2012 elle était de 16 ans. Une progression d’un an à chaque exercice, c’est vertigineux. Chacun ici sait ou doit savoir en mesurer la signification et la gravité.
Pour les emprunts toxiques, je veux noter une métamorphose dans votre discours. Après des années d’un incompréhensible déni de réalité, dans lequel vous nous refusiez de reconnaitre la dangerosité des emprunts que vous aviez massivement souscrits, voila enfin une reconnaissance de la situation réelle d’Oullins. Je ne sais pas si vous avez fini par nous entendre ou si la réalité vous a simplement rattrapée.
Le temps perdu lui ne se rattrape jamais, mais on peut lui opposer qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Deux questions pour conclure :

L’article 60 de la loi de finance acte l’engagement de l’Etat pour aider les communes à sortir des emprunts toxiques. C’est peut-être pour bénéficier de cette aide de l’Etat que vous reconnaissez que la ville d’Oullins est touchée par les emprunts toxiques. Comment envisagez-vous de vous engager dans ce dispositif gouvernemental dont Oullins a bien besoin ?

Plusieurs collectivités, onze à ce jour, trente très prochainement, se sont engagées dans la création de la banque des collectivités territoriales : Une banque faite par les collectivités pour les collectivités dont l’objet est de mutualiser les risques et d’emprunter aux meilleures conditions en se regroupant dans un esprit solidaire et coopératif. Comment voyez-vous ce dispositif pour Oullins ?
On le voit des perspectives de sortie de crise prennent corps tant au niveau international que national, mais la situation reste tendue et fragile. Pour Oullins, les perspectives restent très délicates, car la réalité de la situation financière de la commune a été trop longtemps masquée par la majorité sortante. Nous avons pour notre part toujours tenu un discours qui ne cachait rien et qui ne noircissait pas non plus le tableau à plaisir. Demain, lors de la campagne municipale, chacun présentera son analyse et proposera ses solutions et ainsi un débat démocratique et transparent aura lieu et c’est une excellente chose pour Oullins.

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